"Qu'ils s'en aillent tous" : entretien avec Mélanchon (émission de "Là-bas si j'y suis")

Publié le par Cumulolingus

J'ai bien aimé écouter Mélenchon, dont j'apprécie le franc-parler. Ca fait aussi plaisir d'entendre un discours d'émancipation sociale et de résistance aux riches revenir sur le devant de la scène et défendu avec une apparente conviction (par un autre parti que le NPA). Je ne parle pas du PC et de Lutte Ouvrière qui sont peu rassembleurs. J'aime bien certaines de ses références et modèles qu'il cite.
 
J'ai cependant quelques réserves :
- Le fait qu'il vienne du PS de l'époque mitterrandiste et d'une longue tradition de compromissions et de trahisons.
- Celui qu'il ait été avant dans la mouvance trotskiste lambertiste (donc probablement très bien rodé aux manigances de pouvoir).
- Que ce soit un vieux professionnel de la politique, au fond...
Il est soudain sur le devant de la scène médiatique, car il a certainement en tête d'être le candidat de la gauche aux prochaines présidentielles. Et pour ça je suis aussi un peu sceptique, parce que je me dis que pour ces gens (les HOMMES et les FEMMES POLITIQUES - quelle expression horrible !) l'intensité des éclats de voix est calée sur le calendrier électoral.
Il parle très bien, mais à ce stade ce n'est encore que du discours.
Dans l'échange houleux entre Xavier Mathieu (un ancien de l'entreprise Continental) et Alain Minc (conseiller de Sarkozy), qui tourne sur le net en ce moment, je donne raison à Minc sur un point : que ferait Mélenchon s'il était Ministre de l'Intérieur ? Je pense hélas que pour certaines fonctions, c'est la fonction qui fait l'homme et pas l'inverse.
Voilà pourquoi j'ai presque toujours refusé de voter aux Présidentielles.
Là où je ne suis pas non plus Mélenchon, c'est pour ses prises de position sur l'Islam (cf ses propos sur Ilham Moussaïd, la candidate du NPA qui portait un foulard). Sur ce point, il ne se démarque pas des autres politiciens - c'est là où le bâts blesse. Comme beaucoup de militants de culture athée militante, il ne voit pas à quel point la question nommée "Islam" en France est intimement liée à celle de l'immigration et des luttes de classe en général. Mais 20 ans d'approximations et d'amalgames politiciens et médiatiques nous empêchent de considérer la question avec justesse. Simples citoyens comme politiciens (à ce propos l'interview de Thomas Deltombe, auteur de L'Islam fantasmé, dans une autre émission permet d'en apprendre davantage : ICI).
Et c'est une source de désunion et de perte d'énergie considérables pour ceux qui auraient beaucoup à gagner à conjuguer leurs efforts pour changer ce système social basé sur l'injustice.
Pour cela il faudrait déjà être capable d'envisager un autre modèle, donc être capables d'envisager des formes de lutte réunissant le peuple en général (difficile à définir "le peuple" - en tout cas, ceux qui ne vivent pas des intérêts du foncier, qui vivent d'un salaire pas faramineux ou peinent souvent à finir le mois décemment), les intellectuels partisans d'une rupture avec le capitalisme (ou "néo-libéralisme" - euphémisme ou oxymore - comme le disent certains) et les jeunes des banlieues (je rejoins Alain Badiou sur ce point). Sans ces derniers, il est selon moi assez sûr qu'on construirait encore POUR certains et CONTRE un grand nombre.
Mélenchon a un peu les chevilles qui gonflent quand il parle des différentes composantes de l'histoire des luttes sociales en France ("socialistes, libertaires, socialistes révolutionnaires", il me semble qu'il dit) : il se vante de sortir directement de la cuisse de Robespierre ! Eh, arrête ton char, Ben Hur !!!
En tout cas ces propos rappellent des valeurs essentielles qu'il serait bien de ne pas se souvenir seulement à l'approche des élections.
Le mieux est quand même d'écouter l'interview !
 
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Mélanchon
 
Nous l’avons tous vu, ce plan du film de Pierre Carles "Fin de concession", où l’on voit Jean-Luc Mélenchon regarder l’échange entre David Pujadas et Xavier Mathieu et réagir avec les mots que, peut-être, tous ont pensés. Ce n’est pourtant pas là-dessus que l’on va passer cette heure avec lui... Qu’ils s’en aillent tous !
 
Programmation musicale
- MAP : Comme un air de révolution
 
"Fin de concession", le film de Pierre Carles, sera en salles à partir de ce mercredi 27 octobre.
 
A lire
- Qu’ils s’en aillent tous !, de Jean-Luc Mélenchon (Flammarion, 13 octobre 2010)
- Discours en Amérique latine : 1911, de Jean Jaurès et préfacé par Jean-Luc Mélenchon (B. Leprince - 5 octobre 2010)
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Ecouter l'émission en cliquant...
- 1ere partie : >ICI<
 
- 2e partie : >LA<
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