Les bons bergers (3)

Publié le par Cumulolingus

3. Seigneurs et sangsues
 
Dans vos tours d’ivoire au blindage bleu maréchaussée
vous travaillez vos tours de passe-passe linguistiques
nous prostituant le corps et l’esprit et la langue
changeant l’intégrité en désintégration
tant que c’est lucratif
pour vous et votre croissance infinie
aussi illimitée que la voracité de vos camarades
régnants libres et égaux
et propriétaires
en petit comité sans partage
« - Trésor, est-ce que tu as mis du sucre dans le café ?
- Du lucre, ma perle de culture, du lucre ! »
 
Conseils de salopard pour faire du profit :
Évoquez l’idée d’un cadeau pour apaiser la tension
Laissez la foule travailler dopée par l’espoir que vous avez suscité
et donnez toujours moins à l’arrivée
Rognez sur les récompenses pour lesquelles vous vous étiez engagé
Suggérez un meilleur salaire et ne donnez que des primes
Promettez une prime puis ajoutez des conditions
pour rendre son obtention impossible ou son montant dérisoire
Remplacez-la par une médaille
Vus tous les couillons que vous avez déjà décorés les naïfs s’en contenteront
Mais on me souffle que vous auriez déjà fait tout ça !
Alors
vous pouvez toujours recycler des médailles soviétiques
ou les remplacer par des médailles en chocolat
que vous choisirez de mauvaise qualité
 
Vous inventerez un impôt supplémentaire pour ceux qui ont de l’eau potable
Car c’est un privilège d’avoir de l’eau potable si on regarde chez ceux qui n’en ont pas
Et un impôt pour ceux qui respirent de l’air
pour ceux qui utilisent des toilettes
et un supplément pour ceux qui ont besoin de s’y asseoir
pour les besoins de sourire de politesse ou de respect
une taxe pour la vérité
pour ceux qui vous croient sur parole
et une autre pour ceux qui doutent de vous
un forfait journalier pour avoir le droit de rester en vie
une taxe pour mériter de se faire sauver à l’hôpital
pour sentir l’odeur des vraies fleurs
et pour le premier souffle des nouveaux-nés
 
Je vous fais confiance
vous saurez transformer la noble idée de partage des richesses
en loi
pour forcer les petits à partager ce qu’ils ont avec les plus pauvres qu’eux
sans déranger les fortunés
comme vous avez saboté la santé publique
puis fait appel aux dons
comme vous avez fait culpabiliser votre peuple
le faisant applaudir à heure fixe les conséquences de votre haute trahison
supprimé ses congés payés
avant de l’encourager à donner des jours de vacances pour ces « héros » des hôpitaux
que vous méprisez en les flagornant
nous volant au moins 4 fois d’affilée
 
Nous sommes en guerre
a dit votre patron
Message reçu
Je prends la balle au bond
et la renvoie au fond des égouts du cœur qui vous habitent
derrière vos bouches dégoût
vos habits dégueu
déguenillés de la tendresse et de l’imagination
 
C’était la guerre sociale
qui progressait à votre avantage
Vous avez rajouté la guerre aux espèces
espèce de parasite
mettant la vie en voie de disparition
Tout le vivant va devoir conspirer contre vous
 
Merci d’avoir rendu les choses plus claires
Tant que vous n’aurez pas été chassés
vous nous ferez crever jusqu’au dernier
physiquement pour la majorité
psychiquement pour les rares que vous aurez choisis comme laquais
 
Si on instaurait une taxe sur la diarrhée mentale
on vous ferait mendier pour payer la dette jusqu’au dernier centime
votre expression chérie « payer la dette »
Et on passerait des annonces sonores à votre arrivée
comme dans les lignes chics du métro
« Attention aux pickpockets ! / Be aware of pickpockets! »
pour vous rendre hommage
puisque vous nous avez rabâché qu’on devait être fier de ramper
 
Merci de nous rappeler qu’une laisse a toujours deux côtés
 
Puissions-nous être des chiens sans maître tout en restant vivants

Publié dans Mes poèmes

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