Les plus riches veulent continuer à détruire le bien commun

Publié le par Cumulolingus

Dans une interview postée aujourd'hui sur le site de "Là-bas si j'y suis", Monique Pinçon-Charlot, sociologue reconnue pour ses travaux sur la grande bourgeoisie, rappelait la double destruction opérée par le capitalisme : celle de la majeure partie des humains ET celle des autres espèces vivantes (faune et flore).
 
Elle confirme que Macron n'a pas du tout l'intention de cesser de détruire le système de santé public et évoque la "stratégie du choc", que Naomi Klein a expliquée il y a quelques années dans son livre du même nom.
 
Enfin elle nous renvoie aux valeurs mises en place par le Conseil National de la Résistance en 1945 pour sceller dans le marbre la priorité du bien commun sur les intérêts privés.
 
Elle appelle à l'action politique non-violente pour s'opposer au système. Ceci afin d'éviter l'erreur d'aller sur le terrain du capitalisme, celui de la force armée. 
 
Voici l'émission :
Les plus riches veulent continuer à détruire le bien commun
 Monique Pinçon-Charlot : « Ces criminels devront rendre des comptes »
 
« C’est un virus de classe », dit la sociologue Monique Pinçon-Charlot. C’est la première secousse d’un séisme plus profond, mais c’est aussi un rendez-vous historique. Il faut sortir de l’entre-soi et du petit marché de la contestation. La guerre qu’il faut livrer, c’est la guerre contre les riches et contre ce qu’il ne faut plus avoir peur de nommer, le capitalisme. 
 
Vieux amis de Là-bas, les sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot auront passé leur vie à mettre leur savoir au service du contre-pouvoir. Pas n’importe lequel, mais celui des jetables contre les notables. Face à l’oligarchie qui exploite déjà l’émotion et le chaos, l’histoire nous a montrés que la colère profonde peut être aussi féconde ! 
 
Ecouter l'émission : ICI. 
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Pour celles et ceux qui voudraient approfondir leur réflexion, je recommande vivement de voir le film "Les jours heureux" (2013) sur l'élaboration du programme du CNR (Conseil National de la Résistance) en 1945 et son contenu. Le titre du film, c'était d'ailleurs le nom que les résistants avaient donné à leur programme. 
 
Je l'ai vu il y a quelques jours. C'est vraiment extraordinaire ! Je regrette qu'on ne nous apprenne pas ça à l'école alors qu'il s'agit de ce que nous avons de plus précieux et qu'on nous l'enlève. Comme la terre aux Amérindiens !
 
A noter que Macron vient de tenter une appropriation discrète de l'héritage du CNR en faisant une allusion aux "Jours heureux". Gilles Perret, le réalisateur du film, lui a donc envoyé le DVD en réponse. La démolition de ce socle du bien commun mis en place par les résistants y est attribuée à ceux qui pratiquent des politiques néolibérales depuis les années 1980, tradition dont Macron est un ardent défenseur. 
 
Je rappelle aussi qu'en plein mouvement de grève des cheminots contre la casse du système des retraites, une autre tentative de captation d'héritage avait été opérée fin décembre par le porte-parole des sénateurs du parti de Macron. 
Dans un formidable moment de langue de bois il avait voulu utiliser Ambroise Croizat, qui a mis en place la Sécu et les lois sociales 1945, pour monter les Français contre les "régimes spéciaux".
Quand on sait que Croizat avait annoncé aux ouvriers : "Ne parlez pas d’acquis sociaux, mais de conquis sociaux, parce que le patronat ne désarme jamais", c'est d'une hypocrisie effroyable. 
Celui qu'on appelait le "Ministre des Travailleurs" avait prévenu que ces conquêtes seraient remises en question lorsque les plus riches deviendraient plus gourmands. 
Le petit-fils de Croizat, une personne habituellement discrète, avait pour l'occasion exprimé son indignation par une lettre publiée dans L'Humanité et [en parlant au micro de Là-bas si j'y suis][https://la-bas.org/la-bas-magazine/reportages/quand-la-bande-a-macron-insulte-ambroise-croizat?var_hasard=162960335e95bbd1a5fe1]
 
Je recommande aussi La Stratégie du choc, dont Monique Pinçon-Charlot parle dans l'interview. Ce livre de Naomi Klein explique comment les désastres sont utilisés par les défenseurs du capitalisme pour amputer les droits et les libertés du plus grand nombre pour booster l'enrichissement d'une infime minorité. 
Pour ma part j'ai vu l'adaptation en film documentaire qui a été inspirée du livre en 2019. On peut la voir ci-dessous. 
 
Pour finir, je relaye une autre interview de la sociologue parue sur Youtube en février. Il s'agit d'un extrait d'un film dont la sortie est prévue pour septembre prochain.
Elle y parle de la vision des plus riches sur le dérèglement climatique, de catastrophes passées et à venir.
Je préviens : ça fait peur. Mais la peur peut aussi être un moteur d'action sain lorsqu'on est conscient du danger. 
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