Mélenchon, l'hôpital public et la notion de bien commun (réflexions)

Publié le par Cumulolingus

C'est assez rare que je relaye la parole de Jean-Luc Mélenchon. Or je l'ai entendu dans l'émission "Là-bas si j'y suis". J'ai trouvé ses propos très intéressants, au point de vouloir les faire connaître à d'autres.
 
Je profite de l'occasion pour partager la réflexion plus large que j'ai pendant cette période de confinement pour cause de coronavirus et quelques unes de mes découvertes.
Après l'article relatif à Mélenchon, vous trouverez d'autres vidéos et des données importantes témoignant de la manière dont est géré le système hospitalier en France depuis plusieurs décennies.

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"Mélenchon : le monde d'après, c'est maintenant !"
 
Mélenchon, l'hôpital public et la notion de bien commun (réflexions)

Au nom de l’union sacrée, l’opposition doit se taire. Pas de polémique, c’est pas le moment. Mais déjà, la bande à Macron prépare sa survie et exploite le désarroi général pour mettre en place le retour à la normale, c’est-à-dire au monde d’avant, mais avec moins de droits et plus d’inégalités.

Pour Jean-Luc MÉLENCHON, l’état d’urgence sanitaire est déjà une atteinte à la démocratie. Ces mesures soi-disant provisoires risquent ensuite de passer dans le droit commun, tout comme l’état d’urgence antiterroriste, prétendument exceptionnel, est passé dans la loi, ce qui a permis l’impunité des violences policières.

Pour MÉLENCHON, il est urgent de planifier, de réquisitionner et même de nationaliser. On ne peut pas se contenter de se demander ce que nous ferons après, c’est maintenant qu’il faut lutter contre le maintien au pouvoir de ceux qui ont des responsabilités criminelles dans cette catastrophe.

Au passage, il se dit favorable à l’autorisation de la chloroquine et il évoque l’entretien qu’il a eu avec le professeur Raoult.

Mais d’abord ce titre à la une du PARISIEN, propriété de Bernard ARNAULT : « et si la France faisait elle aussi appel à des médecins cubains ? » [1] !

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Ecouter l'émission >ICI<

Mélenchon, l'hôpital public et la notion de bien commun (réflexions)

En 2017, Jean-Luc Mélenchon prévoyait « un véritable krach sanitaire » à cause d’une vision de la santé « absolument absurde, mercantile, entrepreneuriale » :

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J'ajoute ici qu'en faisant des recherches sur le net, je suis tombé sur ce montage vidéo d'interventions à l'Assemblée nationale de Caroline Fiat, ancienne aide-soignante, qui a arrêté son métier d'origine pour tenter de contrer la casse du système hospitalier depuis le Parlement.

Elle m'a vraiment ému, autant que m'a énervé l'indifférence crasse des élus de la majorité néolibérale (LREM), plus soucieux de mener leur programme d'économie kamikaze que de donner des moyens à l'hôpital de faire son travail (lien ci-dessous).

DES MOYENS POUR L'HÔPITAL : 3 ANS D'ALERTES

« La santé a besoin de structures, de personnels formés et en nombre suffisant, de conditions d'exercice dignes. » 19 juillet 2017 Depuis son élection en juin 2017, Caroline Fiat, ancienne aide-soignante, alerte sans relâche le gouvernement sur la pénurie de moyens dans l'hôpital. Depuis bientôt 3 ans, en réponse à ses appels de détresse elle n'a reçu que du mépris de la part de la majorité.

Posted by La France insoumise on Friday, March 27, 2020
 
J'ai entendu qu'à l'heure actuelle l'hôpital français compterait 6 000 places en réanimation et que le coronavirus pourrait prendre des formes graves nécessitant une réanimation dans 5% des cas. [Ce sont les chiffres qui remonteraient à il y a plus d'une semaine, inspirés de ce qui s'était passé en Chine. Peut-être ont-il changé depuis. Ajouté à ça, j'apprends au moment où j'écris qu'il y a une polémique autour du nombre de morts en Chine : 3 200 selon le gouvernement chinois, mais jusqu'à 97 000 selon un journaliste chinois lanceur d'alerte...]
En prenant comme chiffre de base 5%, pour 60 millions d'habitants en France, ça ferait potentiellement 3 millions de malades à accueillir en réanimation !
 
Or l'hôpital n'est pas du tout en mesure d'accueillir autant de patients. D'où sans doute les prises de positions sans arrêt contradictoires d'un gouvernement qui semble s'emmêler les guibolles, tiraillé entre son obsession d'économiser sur l'argent public pour favoriser les investisseurs privés... et sa responsabilité si toute cette histoire venait à se solder par une monstrueuse hécatombe.
 
Je trouve éclairant de rappeler le nombre de lits supprimés par les coupes budgétaires des gouvernements successifs :
69 000 depuis 2003
4 172 depuis 2018
Des chiffres qui donnent le vertige !
 
J'ajoute que selon une interview de Marc Endeweld, journaliste auteur du livre-enquête "Le Grand manipulateur" sur Emmanuel Macron, ce dernier aurait mis tout son poids sur la politique de suppression du nombre de lits d'hôpitaux à partir de 2012, alors qu'il était Secrétaire adjoint de l'Elysée auprès de François Hollande.

 

Pour finir, je reposte la vidéo de Clémentine, l'infirmière qui avait fait du bruit il y a 5 ans en s'adressant publiquement à Martin Hirsch, alors Ministre de la Santé.
 
La réalité dont elle témoignait était pourtant aussi affolante qu'inacceptable, et son appel au secours sans équivoque sur le fait que des vies humaines étaient en danger.

 

Une des questions brûlantes que tout ça soulève est que la santé relève indiscutablement du bien commun.
A ce titre elle NE PEUT moralement pas être soumise à des objectifs de rentabilité.
Ceux qui défendent l'idée de supprimer du matériel ou des personnels permettant de soigner les gens et de sauver des vies ont donc une idéologie criminelle.
Et ceux qui réalisent ces politiques sont un danger mortel pour la société.
Il est temps que cette dernière ET les citoyens qui la composent mettent en place des sanctions extrêmement sévères contre ces pratiques. Car jusqu'à présent ceux qui se sont attaqué au bien commun - que ce soit en démantelant l'hôpital, en sabotant les systèmes de solidarité qui sont le ciment de notre société ou en favorisant la destruction environnementale - ont bénéficié d'une insupportable impunité.
Cette situation doit cesser d'urgence. Nous devons montrer à ces gens que nous sommes dans la vraie vie, pas dans une partie de Monopoly !
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