Défendre les plus faibles

Publié le par Cumulolingus

Dans l'actualité récente, je suis les histoires de harcèlement sexuel dénoncées à la pelle, les langues se déliant suite à l'affaire Weinstein aux USA. Une véritable lame de fond arrache des masques dans les milieux du cinéma, de la télé et de la politique. J'espère que ça va provoquer un  changement en profondeur dans toute la société.
J'ai pourtant quelques craintes concernant cet effet boule de neige. Ça serait qu'on considère que les hommes soient intrinsèquement mauvais, selon une vision du monde aussi patriarcale que cette toute-puissance dont ils auraient hérité.
Une autre chose que je crains, c'est qu'on croie que tous ces abus n'auraient pas lieu si nous, les hommes, étions simplement éduqués autrement - selon une vision du monde vaguement féministe, mais surtout très angélique.
Certes il y a encore un chemin considérable à faire avant qu'hommes et femmes vivent ensemble dans une société d'égaux. Évidemment, il faut à priori disposer d'un poste de pouvoir pour être en mesure d'en abuser. Et les hommes sont très majoritairement aux commandes dans le cinéma, les médias et la politique professionnelle.
 
Mais je ne crois pas qu'on résoudrait magiquement la question des abus de pouvoir en obtenant une parité hommes-femmes ou une égalité dans l'accès aux places. Une critique radicale du pouvoir est nécessaire, la mise en place de contre-pouvoirs à tous les niveaux pour que ceux qui en abusent soient rapidement démis de leurs fonctions et qu'ils ne puissent plus constituer de mauvais exemples pour quiconque. Sans cela, des femmes pourraient tendre à devenir égales aux hommes (ou du moins équivalentes) dans la dégueulasserie.
 
De fil en aiguille je voulais aborder un autre sujet, qui peut paraître plus mineur dans l'actualité. A mes yeux, il est néanmoins également question de lutte pour la protection des plus faibles et contre les discriminations, quoique ces notions soient instrumentalisées à des fins politiques malhonnêtes.
Gérard Filoche, militant de gauche et anti-raciste de longue date a été accusé d'antisémitisme pour avoir twitté une image de Macron le posant en grand prêtre de l'argent (il porte une imitation de brassard nazi, avec un dollar à la place de la croix gammée), entouré de Jacques Attali, Patrick Drahi et le banquier Jacob de Rotschild au-dessus, tous juifs (à part Macron). Sur ce montage, on voit aussi les drapeaux des USA et d'Israël. La photo aurait été au départ publiée sur le net depuis le site d'Alain Soral. Elle aurait ensuite tourné via d'autres supports jusqu'à passer tard dans la nuit sous les yeux de Filoche.
 
Le caractère antisémite de l'image ne fait guère de doute : elle sous-entend que Macron serait la marionnette d'un pouvoir amalgamant Juifs et argent. Classique. Par contre l'antisémitisme de Filoche relèverait d'une hypocrisie de haut vol.
Il a très vite reconnu son erreur, supprimant son twitt nocturne dès qu'on lui a envoyé un message pour lui signaler d'où venait l'image, et ajoutant qu'il avait mal regardé. Passée la vague hystérique que ce twitt a suscité, il suffit de deux minutes de discernement à s'arrêter sur la biographie de Filoche pour peiner à voir en lui un antisémite. Soixante-huitard toujours resté fidèle à ses idées, il a été successivement militant communiste, trotskiste et syndicaliste, inspecteur du travail, co-fondateur de SOS Racisme, membre de l'aile gauche du PS. Je l'ai toujours vu lutter contre ceux qui exercent leur domination en s'attaquant au bien commun, défendre la Sécurité sociale et le Code du Travail et expliquer infatigablement pour donner au plus grand nombre des outils de compréhension du réel. C'est loin d'être le cas des responsables de son parti qui veulent aujourd'hui l'exclure sous un motif aussi frauduleux qu'opportuniste.
Tout mon soutien à Gérard Filoche... 
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