Pierre Rabhi à l'émission "Les grandes questions"

Publié le par Cumulolingus

C'était au mois d'octobre. Je viens de découvrir cette émission. Je trouve souvent très instructif et épatant d'écouter Rabhi.
Bon, c'est un format d'émission de télé. Il passe donc un peu pour un extra-terrestre. Matthieu Ricard, le chercheur bouddhiste aussi. La manière de s'adresser à Rabhi, les questions primaires et les blagues de potache de Giesbert (l'animateur) m'ont agacé. J'ai regardé plusieurs émissions de cet animateur dans la foulée. Il semble que les jugements qu'il porte sur ses interlocuteurs soient assez envahissant quand il s'exprime. Soit très flagorneur (nettement avec Onfray dans dans plusieurs autres débats, quelquefois avec Rabhi ici, même si ça sonne faux) soit infantilisant (avec Rabhi, qui répond à chaque fois avec bienveillance).
Quelques perles :
- quand Giesbert présente Rabhi : "Pierre Rabhi, le sage de l'Ardèche que tout le monde connaît. C'est un mythe vivant."
- quand ce dernier rappelle que l'humanité est en train de se détruire, Giesbert : "Coopérer avec la vie, ça veut dire quoi ? S'occuper de ses petites plantes ? Doucement, gentiment ?"
- quand Rabhi rappelle qu'on détruit la planète, Giesbert : Teut-teut-teut ! Il y a des exoplanètes !"
- quand on pose une question très sérieuse à Rabhi sur son lien avec les "théories du complot, Giesbert interrompt : "On voit sa photo dans tous les magasins bio !"
Je réglerai la question en disant que Monsieur Giesbert a dû garder son âme d'enfant.
 
Là où Rabhi m'a impressionné, c'est quand on pourrait comprendre que Mazarine Pingeot suggère une pathologisation de sa démarche en cherchant l'origine de sa radicalité dans un manque qu'il aurait vécu dans l'enfance. Il aurait pu réagir comme face à une attaque. Mais placide, il remercie son interlocutrice avec bienveillance.
J'ai trouvé les interventions de Géraldine Muhlmann et Mazarine Pingeot très marquées par leurs préjugés et peut-être leur ignorance de certaines questions. Celles de la deuxième surtout, qui semble voir la violence, la recherche du prestige et du pouvoir personnel comme des fatalités. Elle se montre agressive et a du mal à garder son sang-froid. Les mots qu'elle utilise sont très porteurs d'idéologie : "Vous avez un côté très gourou", "exporter votre modèle", etc.
A la fin Rabhi a manifesté sa conscience du décalage qu'il y avait dans une émission qui cherche visiblement à faire des débats sur des thèmes sérieux d'une manière superficielle. Je rappelle le slogan de l'émission, répété par Giesbert au début : "Le magazine qui vous change les idées". Joli double sens. Mais on est vraiment plus dans le divertissement que dans l'éducatif.
 
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